mardi 18 septembre 2007

Un autre trou, celui de la Sécu

J'ai connu Jean de Kervasdoué au début des années 70 alors que je préparais, avec un petit groupe de français, un PhD à l'Université du Texas à Austin. Fiers de nos compétences croissantes dans la langue anglaise, nous lui avions donné un surnom : de Kervas-gifted ! Et doué, il l'était. Il a depuis fait une brillante carrière dans le domaine de la santé, qu'il termine au CNAM.
Il publie de temps en temps des articles dans le Monde, du genre de ceux qu'on lit jusqu'au bout.
Ci-dessous un extrait de son dernier article dans Le Monde du 14 septembre 2007, dans lequel il continue de plaider pour une réduction des dépenses du système de santé français :
Le déficit officiel de la Sécurité sociale atteindrait, nous dit-on, 12 milliards d'euros. En réalité, il dépassera les 14 milliards.
...
Peu importe que d'autres pays dont la population est plus âgée et la médecine plus moderne (Japon) aient des résultats sanitaires meilleurs en consacrant 2 % à 3 % de leur PIB de moins que la France à leur système de soins (Italie, Espagne, Suède)... L'hypocondrie des Français résonne avec l'intérêt des acteurs du système de santé et le déficit se creuse dans l'indifférence.
...
On arrive à contrôler les dépenses de soins si, et seulement si, l'on croit que c'est possible et légitime. La Suède, le pays le plus dépensier des années 1970, a obtenu des résultats spectaculaires tant du point de vue économique que sanitaire : elle a la plus longue espérance de vie en Europe et ne consacre à ses soins « que » 9 % du PIB, soit 2 points de moins que la France (de l'ordre de 38 milliards d'euros).
Plutôt que d'aller voir chez le voisin comment il pourrait limiter ses dépenses de santé, je me suis demandé comment moi je pourrais le faire... J'ai repris tous mes relevés de dépenses sur une année, voilà ce que cela donne :
  • Médecin : 131 euros
  • Pharmacie : 284 euros
  • Laboratoire AM : 110 euros
  • Radio : 157 euros
  • Kinésithérapeute : 159 euros
Pour un total de 841 euros, je ne sais si c'est beaucoup ou peu ou dans la moyenne d'une personne de mon âge. Mais en y regardant de plus près, je remarque deux dépenses dont je constate après coup qu'elles se sont avérées inutiles.
  1. Suite à des douleurs à la nuque, j'ai fait une radio qui n'a rien révélé de particulier, soit 63 euros. Deux jours après, les douleurs avaient disparu.
  2. J'ai fait une série de séances de kinésithérapie pour tenter d'assouplir mon épaule opérée il y a une quinzaine d'années, soit 159 euros. Malgré un kiné irréprochable (ils ne le sont pas tous...), je me retrouve plusieurs mois après dans une situation identique, ni mieux, ni moins bien.
En conclusion, deux actes médicaux totalement inutiles, il suffisait d'attendre un peu pour économiser 222 euros sans aucune conséquence sur mon bien-être.

Si je multiplie ces 222 euros par les soixante millions de français, cela fait près de 14 milliards d'euros. Soit exactement le déficit de la sécurité sociale prévu pour cette année ! Etonnant, non ?

lundi 17 septembre 2007

Saunal & Froment, de l'Aveyron



Mes ancêtres maternels sont originaires de l'Aveyron, près de Saint Sever du Moustier et de Villefranche de Rouergue.


samedi 15 septembre 2007

Mais où est donc passé le trou dans la couche d'ozone ?

Quand je suis arrivé en Suisse au début des années 80, un sujet de discussion brûlant était alors la "mort des forêts". C'était la faute des "pluies acides" ainsi que des gaz d'échappement des voitures et camions. C'est ainsi que l'on a vu une limitation à 90 km/h de la vitesse sur les autoroutes traversant les petits cantons du centre de la Suisse. D'importants budgets de recherche furent affectés à l'étude de ce problème et à la préconisation de solutions envisageables.

Et puis, à part quelques ravages dus aux bostryches, on a en fait constaté que la forêt se portait à merveille. Universitaires et écologistes locaux ont eu l'honnêteté, dix ans plus tard, de reconnaître qu'ils s'étaient complètement trompés.

Et donc au début des années 90, on a embrayé sur la "couche d'ozone", catastrophe annoncée génératrice de cancers de la peau... C'était la faute aux CFC, gaz propulseur de nos bombes aérosols. Même si on voyait mal pourquoi le trou dans la couche d'ozone se trouvait plutôt au pôle Sud, dans un hémisphère peu consommateur de ces bombes aérosol... Mais une nouvelle occasion pour une autre couche, celle-là de budgets de recherche sur le problème !

Qui donc nous parle de cette fameuse couche d'ozone maintenant ? Là, pas de remords des scientifiques et écologistes, le remplacement des CFC par du CO2 dans les bombes pouvant expliquer l'évanouissement du problème.

CO2, vous avez dit CO2 ?...

Maintenant, c'est le CO2 et le réchauffement climatique qui sont sur le devant de la scène. Et toute la communauté scientifique et écologique de se focaliser sur ce nouveau cheval de bataille.

Loin de moi l'idée de nier la réalité de ce réchauffement climatique. Mais mon expérience d'ancien universitaire m'a appris que pour obtenir des budgets de recherche, il était nécessaire que le sujet soit à la mode et médiatiquement porteur. Et je ne peux que constater une corrélation entre les sujets "brûlants" du moment et les thèmes de congrès scientifiques de mes anciens collègues.

Pourtant, le retour à l'équilibre est notre destinée car comme le disait Eddington "L'entropie est la flèche du temps".

Tout cela pour regretter aussi que l'on s'occupe trop de thermodynamique et pas assez d'humanité.

mercredi 12 septembre 2007

Subprime : qui perd, qui gagne ?

Il y a un an, mon amie O. de Genève, proche de la retraite me parlait de son petit capital à placer pour plus tard. Le confier à la banque lui rapportait entre 1,50% et 2%, ce qui la choquait alors que certains "gestionnaires de fortune" promettaient entre 8% et 10%. Je lui ai dit qu'un tel rendement avec un tout petit peu de garantie, cela n'existait pas !... Mais elle a quand même placé son argent ainsi.
Il y a six mois, quand je lui en reparlais, elle me disait qu'elle recevait des relevés mensuels faisant état d'intérêts entre 7% et 9%...
Depuis est arrivé l'affaire des "subprimes", même si la crise immobilière aux Etats-Unis date maintenant de 2 ans. Je recopie ici ce qu'en disait Gérard Verna récemment dans son blog "La vie n'est pas juste" :

Le pauvre et le golden boy : histoires de subprimes
La crise financière actuelle me semble être très révélatrice de la cupidité et du cynisme qui règnent sur le monde de la finance dont les responsables, jusqu’à certains assez bas échelons, sont si scandaleusement payés qu’ils n’ont plus aucun contact avec la réalité quotidienne.
L’idée de « subprime » est contraire à la morale et à la raison. Elle consiste à prêter, de l’argent, à des taux plus élevés que ceux du marché, pour permettre d’acheter une maison à des gens qui n’auront probablement pas les moyens de la payer et ne satisfont déjà pas aux obligations d’un crédit normal.
Un petit golden boy a inventé ça, le nez probablement plein de cocaïne, dans un passé récent où la situation lui permettait de ne prendre aucun risque : Il prenait sa garantie sur la maison et en cas de défaut de paiement la faisait revendre. Comme le marché immobilier était alors en pleine expansion – comme en France actuellement – il était sûr que la maison aurait pris de la valeur et qu’il n’y avait donc aucun risque.
Mais, comment résister à une mauvaise combine qui marche ? Après une ligne de coke de plus, il est facile de décider d’étendre le dispositif pour montrer à tout le monde à quel point on est malin. Jusqu’au jour où on s’aperçoit qu’on a tellement vendu de maisons à des pauvres que le marché immobilier est en train de s’effondrer et qu’il n’y a plus personne pour racheter les maisons de pauvres que cherchent à vendre les pauvres en faillite.
Salauds de pauvres ! Ils nous ont encore tout foutu en l’air !
Je n'ose plus évoquer cette histoire avec mon amie O.

Mais mon impression, c'est qu'au moins deux groupes ont trinqué : le jeune couple californien qui a perdu sa maison, et la pré-retraitée européenne qui a vu fondre son pécule...

Aux deux bouts de la chaîne. Quid entre les deux ???

http://verna.blog.lemonde.fr/2007/08/17/le-pauvre-et-le-golden-boy-histoires-de-subprimes/

lundi 10 septembre 2007

Pétaloup

Mes ancêtres paternels sont originaires du Mont Pilat, massif montagneux situé entre Lyon, St Etienne et Valence. Mon arrière-grand père Jean-Pierre, facteur rural, avait épousé Françoise Croze, et s'était installé dans la belle famille à Pétaloup, sur la commune de St Régis du Coin. Sur cette photo de la maison "de famille" on voit mon grand-père Gabriel au centre, entouré de ses trois fils Pierre, François et Charles. En bas complètement à gauche, Charles Lubac, beau-frère de mon arrière grand-mère Françoise Croze.


En Vénétie, dans la région d'où est originaire mon épouse, il y a une expression pour parler d'un homme qui va s'installer chez les parents de sa femme. On dit qu'il est "capellan". Le terme évoque "chapeau", celui que le marié accroche en entrant dans sa nouvelle maison, ou "chapelain", du nom du prêtre qui arrivait dans la paroisse d'un curé.

vendredi 7 septembre 2007

Mieux que l'obsolescence planifiée

Comment un excellent produit - certes cher mais idéal quant à la qualité de ce qu'on attend de lui - peut-il augmenter son chiffre d'affaires ? En obligeant le consommateur à renouveler son achat parce que, maladroit, il l'a cassé...

Cette lime à ongles est un remarquable exemple de ce marketing d'un nouveau genre :


Très efficace avec sa rape en céramique à trois faces et trois grains différents, on ne fait pas mieux. Un seul problème, elle est fragile car la céramique casse comme du verre, donc il faut faire attention. Mais avez-vous remarqué sa forme ? Bien ronde, elle roule aisément vers le bord de la table et boum ! par terre, vous avez maintenant 3 bouts de lime inutilisables...

A la deuxième lime que ma femme a cassée, elle a cherché, et trouvé, un nouveau modèle. Encore plus pratique, puisque tel un stylo, on peut l'accrocher par le capuchon/lime. J'ai scanné pour vous le dernier exemplaire de cette merveille :


Dernier exemplaire car nous en avons cassé 2 autres entre temps (un bleu, puis un rouge) parce qu'en le tenant par le couvercle qui tient mal (un hasard ?) sur le capuchon, la lime est tombée, et plan ! d'autres bouts de lime pour la poubelle.

La merveille de marketing ici, c'est de faire ressentir par le consommateur que c'est lui qui est fautif parce que maladroit !!! J'appelle cela du "design crapuleux".

mercredi 5 septembre 2007

Sémantique moderne...

Mon intérêt pour la nouvelle chanson française, et notamment pour Emily Loizeau, m'a amené sur son site où il apparait à la rubrique Contacts que son manager est Gloria. Et si l'on va sur le site de ce dernier on constate en effet qu'Emily figure à son catalogue...
Catalogue ?
Cela me fait penser à Jeanne Cherhal, dont on dit qu'elle est maintenant dans l'écurie Universal, après le rachat par ce dernier de Tôt ou Tard...
Ecurie ?
La sémantique moderne ne ferait-elle que refléter cyniquement la marchandisation de notre société ?
A choisir entre catalogue et écurie, je préfèrerais, pour ce qui me concerne, être un canasson - même âgé - dans une écurie qu'un fauteuil - même confortable - dans le catalogue d'Ikéa.

D'autant que pour cette pauvre Emily, figurer au catalogue de Gloria (Madame ?) a un petit côté Escort Girl fort déplaisant.

http://www.emilyloizeau.net
http://www.gloria-consulting.com/body.php?lg=fr&page=catalogue